La Quête est d’abord et avant tout un outil de réinsertion sociale qui donne l’occasion aux personnes exclues du marché de travail « conventionnel » d’avoir un emploi autonome. Et d’en retirer une expérience positive : la vente de La Quête leur permet de vivre des interactions humaines gratifiantes. Les collaborateurs, dont près de 20 % sont des personnes qui fréquentent l’Archipel d’Entraide, retirent également beaucoup de fierté à voir leurs écrits publiés dans le magazine.
Le Magazine
Octobre 2026 - Itinérance
Mot de camelot
La dernière fois que je suis venu à Québec, c’était en 2007. Je travaillais pour Placotech, une compagnie de tirage de joints. Je faisais la route tous les jours aller-retour de Saint-Georges à Québec pour venir travailler. Ça va faire 20 ans de ça. Là, j’arrive de Gatineau, du Gîte-Ami. J’ai dû fuir Ottawa après avoir vécu des situations de harcèlement avec deux colocs. Avant mon passage à Ottawa, j’ai connu la précarité et les refuges de Montréal et de Toronto. Je n’ai jamais souhaité devenir itinérant ou pauvre.
L’accent circomplexe
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L’itinérance est un sujet qui touche particulièrement nos camelots à La Quête. Plusieurs d’entre eux ont déjà vécu une situation d’itinérance ou la vivent malheureusement encore.
L’itinérance n’est pas un choix. Et comme vous le lirez dans ce numéro, les facteurs qui entraînent une personne dans la rue ne sont pas que le résultat de décisions personnelles.
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Témoignage d'une camelot du magazine
MA « JOB » CAMELOT
Tu parles d’un trip manquer de rien! Même si je suis seule, je me sens si bien, si heureuse,
ENFIN!
Je ne suis pas si seule car les gens rencontrés demeurent dans ma mémoire, leurs gestes d’humanité, leurs paroles…
Mes préjugés sur les riches, (car oui, je travaille coin Cartier-René Lévesque [un quartier où les gens sont bien nantis]) tombent en ruine.
À mon retour du travail, je suis si fière que j’ai une bonne fatigue, avec la satisfaction du travail accompli. J’ai eu un bain de foule valorisant.
On me récompense pour mon courage, mes efforts. On me paye le café. C’est d’une telle bienveillance!
On m’a déjà offert un sac de clémentines et à l’été indien, une crème glacée, WOW!!!
Les gens se connaissent et j’ai de plus en plus l’impression que je fais partie de la communauté.
On m’aime, m’apprécie comme je suis, même si je suis d’une tout autre classe, j’arrive à l’oublier.
Et toutes ces petites jasettes avec des inconnus J’ADORE !! Ils sont foncièrement bons.
J’apprends à ne jamais me décourager, rester de bonne humeur, gentille et polie malgré les temps morts. Rester positive sans cesse, ça se sent j’en suis certaine et c’est
même payant (semblable à quand j’étais serveuse à 17 ans).
Même mon rapport avec l’argent change, pour le mieux tranquillement. Je budgète, calcule et l’apprécie plus. Je me sens indépendante et bien des peurs se dissipent.
Ce travail a vraiment changé ma vie et pas seulement du côté monétaire. J’ai une vie sociale maintenant et mon estime de moi ne fait que grandir.
Hélène Plamondon
Témoignage

